Par la Team V and B – Mayenne  • le 10 janvier 2021

ARTICLE DU 10/01/2021

« Je suis dégoûté pour Isa »
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Dans les mêmes conditions de navigation qu’Isabelle Joschke, Maxime Sorel à bord son V and B – Mayenne était à la vacation audio de 5H et il a assisté, impuissant, au renoncement de sa camarade de jeu.
« Je retrouve des conditions plus maniables, c’est cool, je vais pouvoir refaire du vrai bateau ! Les dernières 48 heures, c’était coton : on s’est retrouvé coincé dans la dépression. Isa et moi étions dans de flux hyper fort, jusqu’à 54 nœuds hier, 45 noeuds très souvent, dans une mer défoncée. On était au reaching. Dans les mers du Sud, ça passe, mais là, c’était une boucherie. A 100 degrés du vent, ça tape dans tous les sens, tu ne peux rien faire, tu ne peux pas arrêter le bateau.
A 100° du vent, si tu suis ton cap, tu ne peux ni lofer ni abattre, car tu accélères quoi que tu fasses. Alors tu essaies de dérégler, de trop border à l’avant pour ne pas aller trop vite, mais dans ces conditions, ça tape trop.
‘Amendonné’, j’étais 3 ris dans la grand-voile et sous j3, puis j’ai roulé le J3 pour aller moins vite. Ça allait 5 nœuds moins vite, à peu près quand Isa m’a annoncé qu’elle avait cassé sa retenue de quille. Ça m’a bien refroidi. Je m’imaginais à sa place, à devoir me mettre en tête que tout était fini. On est tous bord à bord, on fait de la régate, mais il ne faut pas oublier l’objectif premier qui est d’aller aux Sables d’Olonne. Alors j’ai levé le pied.
La mer n’est pas très rangée, mais à côté de ce que ça a été… J’ai juste entre 28 et 35 nœuds au max, je n’ai plus 45 nœuds.
Je suis fatigué, c’était compliqué de dormir, je ne m’étais pas beaucoup reposé après le cap Horn, les vents étaient capricieux. 48h après le Horn, j’étais rincé et là, on s’est fait cueillir par la dépression. J’ai hâte que ça se calme pour renvoyer la toile. Je vais être sur le même bord jusqu’à une bonne grosse journée et demie. Ensuite il y aura un empannage, puis je vais finir avec une dizaine de nœuds avant d’entrer dans une bulle dans deux jours ; ce sera plutôt clément par rapport à ce que j’ai eu. »
« J’ai vu que dans la baston, j’ai eu des soucis de grand-voile. La chute de ma grand-voile est un peu malade, je vais devoir sans doute affaler et trouver une solution, mais avec toutes les réparations que j’ai faites, je commence à être à court de tissu. Il va falloir que j’utilise des toiles à matosser ou que je trouve un tissu un peu sain pour réparer. C’est un mal récurrent, mais quand tu vois les conditions qu’on a eues depuis le début… Ce sont surtout les chutes qui ont morflé sur le J2, le J3, qui a été défoncé dans un vrac au cap Horn…
Avec Isa, on échangeait par messagerie depuis deux ou trois jours. On savait qu’on serait tous les deux à se faire défoncer. Hier, je ne l’ai pas trop eue, sauf en fin de journée. Je lui demande si ça va, elle me répond : « C’est vraiment la merde, j’ai pété ma retenue de quille ». Je n’avais pas les mots, j’étais dégoûté : je la voyais dans le top 5 à l’arrivée ! Ça fait chier parce qu’on est dans l’Atlantique, parce qu’on se dit qu’on sera à la maison pour faire la fête tous ensemble, et d’un coup, on perd une camarade de jeu. Isa était bien éclopée, mais elle méritait de finir et de souffler. Mais c’est la dure loi du Vendée Globe. »

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