C'est comme dans les pires films de tempêtes

Par la Team V and B – Mayenne  • le 08 décembre 2020

ARTICLE DU 08/12/2020

Maxime Sorel : “C’est comme dans les pires films de tempêtes”

 

Il y a tout juste un mois 33 marins s’élançaient depuis les Sables d’Olonne à la conquête du monde. Maxime Sorel, bizuth, ne s’attendait sûrement pas à vivre un premier Vendée Globe aussi intense. Aujourd’hui le skipper de V and B – Mayenne est bien dans son match et marque les esprits en prenant beaucoup de plaisir à partager sa course.

Actuellement au cœur de l’Indien, Maxime et son Dragon des Océans restent bien crampés à leur 11e position dans le groupe des poursuivants, à moins de 800 milles du solide leader Apivia. Depuis hier et jusqu’à jeudi, Maxime va devoir affronter une dépression virulente et des conditions particulièrement dantesques.

Joint par son équipe ce matin, Maxime a la voix claire, presque enjouée :

Je vais bien malgré les vagues qui explosent au-dessus du bateau. C’est vraiment très étonnant comme mer. Hier j’étais bien énervé et j’avais peur pour le bateau. Ça fait déjà plusieurs jours que ça dure, ça commence à être long. Mais aujourd’hui j’accepte la situation. Je fais le dos rond. J’essaie de faire quelques petits tours pour m’assurer que tout va bien. Cette nuit j’ai même fait l’autruche dans ma bannette en attendant que ça passe. La voilure est fortement réduite avec 3 ris et la trinquette. J’ai étonnamment bien dormi même si ça bouge dans tous les sens.

 

Quel est le tableau autour de toi ?

Le paysage est assez irréel. C’est comme dans les pires films de tempêtes. C’est ouf la mer est défoncée ! J’ai eu une rafale jusqu’à 64 nœuds (118 Km/h)… je n’avais jamais connu ça ! Je savais que j’allais voir de fortes houles avec de grands surfs, mais je ne pensais pas être un jour dans une mer qui empêche d’avancer. On ralentit pour ne pas casser et malgré cela V and B – Mayenne garde des vitesses élevées avec des pointes à 25 nœuds. Le bateau est très gîté, c’est hyper inconfortable mais cela l’aide à mieux passer les vagues. Évidemment la vie est très compliquée à bord. J’ai du mal à boire un verre d’eau sans en mettre partout entre la cuisine et la table à carte. Tout est une mission !

 

Du plaisir ?

Heu non… clairement il n’y a aucun plaisir en ce moment. Je fonctionne en mode survie. Je n’ai plus de notion du temps. Je ne me pose pas de question, j’avance. Le bateau semble aller bien. Moi aussi. Mais ce matin, comme si la vie voulait me faire un cadeau, la porte s’est ouverte toute seule et dehors le paysage était magique avec un ciel couleur or et un énorme arc-en-ciel. C’est mon seul plaisir depuis quelques jours mais quel régal !


Photos : ©Maxime SOREL

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