Maxime Sorel à la vacation du 07-12

Par la Team V and B – Mayenne  • le 07 décembre 2020

ARTICLE DU 07/12/2020

Le skipper de V and B – Mayenne était à la vacation ce matin. Il revient sur les conditions difficiles auxquelles il fait face ces jours-ci et sa gestion des problèmes à bord. 
« Je n’ai jamais vu une mer comme ça, c’est très dur d’avancer, ça tape, le bateau se barre en survitesse. Pour la sécurité, j’ai préféré ralentir et mettre un peu moins de toile. Là, je suis sous J3 et 2 ris dans la grand-voile. Le vent oscille entre 20 et 25 nœuds et plus de 40 nœuds dans les grains. La mer est désordonnée, parfois ça se calme un peu mais vraiment, là, c’est n’importe quoi. Il y a une grosse houle et quand tu ne vas pas assez vite, les vagues te rattrapent et s’explosent sur le tableau arrière. Ce n’est pas des heures agréables et malheureusement ça va durer. 
C’est fatiguant, ça fait 10 jours qu’il y a pas mal de vent et que ça enchaîne. Ces dernières 24h, on ne peut pas avancer à la vitesse qu’on veut sinon le bateau risque de casser. Selon les fichiers, on devrait avoir du vent comme ça pendant trois jours encore donc il va falloir faire le dos rond, après ça devrait être un petit peu mieux.
On m’avait prévenu que le grand Sud était gris, froid, humide et avec une grosse houle mais on ne m’avait pas dit que la mer était défoncée comme cela. Le vent oscille tellement vite entre l’avant et l’arrière du front que forcément on se retrouve avec une mer croisée.
J’ai passé ma nuit à dérégler le bateau pour ne pas aller vite. J’étais avec 3 ris dans la grand-voile et le J3,  je faisais des surfs à 29 nœuds. Il n’y a malheureusement pas grand-chose à faire, une fois que t’as réduit ta voile au maximum, tu subis. C’est très spécial, je découvre ça. Là, il faut faire la part des choses entre la course, aller vite, mettre le bateau en sécurité et soi-même pour ne pas casser et puis aussi garder un peu de vitesse pour ne pas se faire rattraper par les vagues car c’est dangereux.  
Cette nuit je n’ai pas vraiment dormi, j’étais prêt à bondir pour gérer les grains. Et hier à la tombée de la nuit, j’ai décidé de me changer et de me laver, j’ai dû refaire de l’eau et là impossible de démarrer le moteur. J’ai passé deux heures les mains dedans à tenter de comprendre ce qu’il se passait. En fait, les bateaux sont constamment gités en ce moment donc on ne peut pas faire de moteur avec la prise d’eau classique, la mienne est dans mon arbre d’hélice et donc je me sers du schnorchel pour remplir les ballasts et prendre de l’eau. Comme j’ai fait ça à des vitesses trop importantes, de l’eau est rentrée dans le moteur donc j’ai dû tout démonter pour pouvoir enlever l’eau et le faire redémarrer. Et pendant que je faisais ça, le bateau est parti en surf et j’ai eu un problème d’hydrogénérateur qui est ma deuxième source d’énergie à bord, j’ai perdu toute l’huile hydraulique de celui placé à bâbord donc j’ai aussi dû gérer ça. Ça m’a bien épuisé. Après, j’ai dû enchaîner la nuit avec des grains à 52 nœuds. Je suis cramé, je ne regarde plus les vitesses, je vais aller dormir et je verrai ça plus tard.
Aujourd’hui je vis vraiment au rythme de la météo en me disant que j’ai des manœuvres dans tant de temps et entre tout ça, j’essaies de me reposer, de manger et sinon j’attends que le prochain événement arrive. Je ne pense plus en termes de jours mais plutôt aux prochaines tâches à faire. » 

Photos : ©Jean-Marie LIOT / Jérémy SOREL

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