La course dans la course

Par la Team V and B – Mayenne  • le 19 novembre 2020

ARTICLE DU 19/11/2020

Le plateau de la neuvième édition du Vendée Globe est éclectique. Les 32 marins engagés dans l’aventure autour du Monde, Nicolas Troussel a abandonné suite au démâtage de son voilier, ont des expériences différentes et des voiliers distincts. En effet, au départ de ce cru 2020, on pouvait distinguer les unités. Même si elles appartiennent à la classe IMOCA, même longueur, quilles similaires…, elles ne sont pas toutes aussi récentes que les fameux foilers pour beaucoup nés en 2019. V and B – Mayenne, pour exemple, est sorti de son premier chantier en 2007 et a déjà une longue vie hauturière.
Contrairement aux voiliers « nouvelles générations » conçus autour des foils, ces appendices qui permettent de faire littéralement voler les machines, le plan de Maxime Sorel est pourvu de dérives droites. Il est, du coup, moins véloce, surtout au vent de travers, que les Hugo Boss, LinkedOut, Arkea – Paprec, Apivia ou même Bureau Vallée, et Initiatives Cœur, moins récents que les nouveaux mais également dotés de performances intrinsèques plus élevées que le Dragon des Océans.
Officieusement, l’organisation du Vendée Globe n’autorise qu’un unique classement, mais certains, comme le skipper cancalais, ont pour but de bien figurer au classement des voiliers à dérives droites tout en regardant le général. Pourtant, depuis le début de l’épreuve, ces vieux monocoques de 60 pieds ont bien figuré à l’instar de la démonstration de Jean Le Cam, la vista de Benjamin Dutreux, Damien Seguin et Maxime Sorel, leader à deux reprises. Mais depuis quelques jours et l’arrivée de conditions de vent portant propice aux foilers, les alizés, V and B – Mayenne et ses confrères ont perdu beaucoup de terrain face à la nouvelle vague architecturale. Maxime Sorel, qui a monté un projet en adéquation avec son budget, joue ce jeu à fond et exprimait aux Sables d’Olonne son envie de podium au classement des dériveurs ! 14ème ce matin à 421 milles du champion britannique Thomson, l’ingénieur Sorel, qui a débuté la course au large sur le tard, qui court son premier Vendée Globe, est quatrième de ce classement officieux. Il s’est largement détaché de Romain Attanasio, 5ème, et peut rêver, alors qu’il est désormais dans le pot au noir, de revenir, à force de concentration aux réglages et stratégique, sur Damien Seguin. 
« Nous naviguons différemment en fonction de notre expérience et de nos voiliers qui n’ont pas tous les mêmes performances » indique Maxime à la vacation du matin. « J’ai bien en tête l’idée de bien figurer au pseudo classement des voiliers à dérives droites mais je dois avouer que je ne me préoccupe pas trop du classement en ce moment. Je fais ma course. Je suis content de mes choix. Je suis actuellement en sortie du pot au noir. Le vent fait des appels à l’Est. J’ai une mer croisée. Ce sont des signes de sortie de cette zone que je traverse pour la première fois en solitaire. Cette nuit n’a pas été de tout repos. Il y a beaucoup de grains dans le pot et j’ai été un peu cueilli à froid. Nous étions plein gaz dans les alizés. Il a fallu réduire la toile drastiquement. Je suis parti au tas à quelques reprises (comprendre le bateau s’est couché) et j’ai été obligé de faire de l’Ouest pour rouler mes voiles et prendre des ris. Je suis resté sous-toilé ces dernières heures afin d’anticiper les sautes d’humeur du vent. Cet après-midi, je vais couper pour ma première fois en solitaire l’Equateur. Mon rythme va à nouveau changer et je vais essayer de bien progresser dans l’hémisphère Sud à ma façon et avec mes armes. » A chacun sa course !      

Photos : ©Jean-Marie LIOT / Jérémy SOREL

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